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rues portant le nom de femmes

Publié le 30/01/2014 à 09:01
Dans la démarche présente, elles ont étudié les noms des rues françaises. « Il était logique d’explorer quels sont les modèles opérants pour les jeunes femmes, et les noms de rue en font partie intégrante car ils reflètent notre vision de l’Histoire de France », explique Christine Dagain, présidente de l’Union française Soroptimist. L’ONG a réalisé son étude sur 63 500 rues, dans 111 communes françaises. Pour arriver à la conclusion que seulement 2% des voies (soit moins de 1500) portent le nom d'une femme. Un constat affligeant de plus en matière de parité, tant le déséquilibre est flagrant.
Les résultats de cette enquête auraient fortement déplu à Suzanne Noël, pionnière de la chirurgie esthétique qui réparait les « gueules cassées » de la Première Guerre mondiale, à une époque où une femme digne se devait de rester à la maison, aux fourneaux pour le moins. Décédée en 1954, Suzanne Noël est à l’origine du mouvement des Soroptimist en Europe. On compte une dizaine de petites plaques bleues portant son nom en France. Suite à cette étude, l’ONG veut voir augmenter le nombre de plaques en hommage à cette personnalité hors du commun au nombre de 80. Courant 2014, on devrait d'ailleurs pouvoir lire son nom dans un parc de Périgueux, ainsi qu’à la Rochelle et dans de nombreuses rues. Première victoire.
L’enquête du Soroptimist révèle également que sur les 33% de rues arborant des noms de personnalités, seuls 6% sont des patronymes femmes. « Cela revient en quelque sorte, comme au Panthéon, à entériner poliment l’idée que les femmes accomplissant de grandes choses sont des exceptions et ce n’est pas ce que nous voulons proposer aux générations futures », insiste la présidente de l’Union française Soroptimist. Au milieu des débats autour de la loi pour l’égalité femmes-hommes, impossible d’ignorer combien le combat est nécessaire tant la femme est sous-représentée en France – que ce soit au Panthéon, au Forum Economique Mondial à Davos, où sur les plaquettes nominatives dans nos rues.
Parmi les 2% de rues de France baptisées au féminin, certaines personnalités se détachent. Dans le top 3 des femmes les plus representées sur les plaques bleues, Jeanne d'Arc arrive en tête, avec 49 rues. Vient ensuite l'aviatrice Hélène Boucher (39 rues), puis la romancière George Sand (37 rues). On ne recense que 9 rues « Marguerite Yourcenar », et 7 rues « Simone Weil »."
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